Réparer les vivants, un livre, un film...

Publié le par JaneM

Réparer les vivants, un livre, un film...

Réparer les vivants c'est avant tout une belle histoire, de celle qui bouleverse. Maylis de Kerangal , l'auteur, et Katell Quillévéré, la réalisatrice, donnent vie aux organes humains et nous content le don d'organes.

L'histoire: Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Le roman d'abord. Je l'ai lu après avoir vu le film et j'ai étonnamment préféré le film, ce qui m'arrive assez rarement.J'ai aimé l'histoire, les personnages, le rythme presque mécanique. L'écriture y participe nécessairement mais elle m'a gênée.  Ecriture trop imagée, phrases trop longues, métaphores et comparaisons à n'en plus finir, tout ça rend la lecture laborieuse, presque ennuyante par moment. Et arrive le prochain chapitre et on s'accroche, on lit car on veut voir le cœur de Simon battre encore. J'ai apprécié la justesse de certaines descriptions, les mots sur les maux des personnages mais je me suis demandée parfois pourquoi l'auteur ajoutait encore et encore des détails, des métaphores, comme s'il fallait absolument faire durer la comparaison, comme si une seule image ne suffisait pas à ce que le lecteur comprenne. Je termine donc ce roman, un peu déçue, m'attendant à plus d'émotions. Surtout après avoir vu le film.

Le film donc... Katell Quillévéré filme avec talent le don d'organe et tout ce qui s'y rapporte. L'histoire débute comme dans le roman, on sent la vie chez ces trois jeunes surfeurs. La session de surf puis l'accident, tragique, donnent lieu à des images splendides, chargées en émotion. Les acteurs sont excellents, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Tahar Rahim... Tout en justesse, comme tout le film qui ne tombe pas dans le pathos larmoyant (l'histoire s'y prêterait pourtant). De l'émotion, oui, mais de la vie surtout, de l'humain, dans une démarche très mécanique, d'une précision chirurgicale. La représentation du coeur; filmé de près, organe essentiel qui est finalement le personnage principal du film; nous emporte. On se retrouve à attendre, à espérer le voir battre de nouveau. Katell Quillévéré réussit là où le roman, selon moi, a failli: créer de l'émotion sans pathos, montrer l'humanité dans le don d'organe, donner du sens au merveilleux titre Réparer les vivants.

Publié dans Livres, Films, lecture

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